Les histoires du maïs : de ses origines à nos jours | Formulaires
Publié le: 
14.09.2020
Boîtes à popcorn
Maïs soufflé en popcorn
Pixabay

Quelle plante peut se targuer d’avoir traversé neuf millénaires et tous les océans, d’être la plus produite au monde et d’être aujourd’hui présente dans plus de 3 500 produits du quotidien ? À la fois aliment et ingrédient, source d’énergies renouvelables, partenaire de la santé et de la « chimie verte », le maïs nous est aussi familier que certaines de ses applications méconnues. Retour sur l’épopée d’un épi pas comme les autres.

 

Quelles sont les origines du maïs ?

 

L'histoire du maïs débute en Amérique du Sud où l’on trouve des traces de sa consommation 7 000 ans avant notre ère. Il occupe une place centrale dans les civilisations précolombiennes en tant qu’aliment de base de la population, mais aussi au plan symbolique : considéré comme un cadeau des dieux, il fait la liaison entre le ciel et la terre, symbolise la vie et l’abondance.

La culture du maïs se répand sur tout le continent américain puis il est importé en Espagne au 15e siècle par les conquistadores qui, croyant avoir découvert les Indes, le baptisent alors « blé d’Inde ». Il gagne rapidement l’Europe en remontant par le Sud-Ouest de la France où il rencontre des conditions climatiques idéales pour sa culture. Porteuse de cet héritage historique, la région Nouvelle Aquitaine reste de nos jours le premier producteur de maïs grain* en France et en Europe.

Présent sur les cinq continents, le maïs est la céréale la plus produite au monde où elle se décline en plus de 3 000 variétés. La France est le premier producteur de l'Union Européenne avec 14 millions de tonnes de grains par an.

* La dénomination « maïs grain » désigne les variétés cultivées pour leurs épis, par opposition au « maïs fourrager » récolté de la plante entière et destiné à l'alimentation animale (ensilage).

 

Les bienfaits et les manières de consommer le maïs

 

Récolté jeune et immédiatement conditionné pour conserver sa tendreté, son croquant et sa saveur sucrée, le maïs doux se déguste chaud ou froid, en salade, en accompagnement ou croqué à même l’épi. Il est riche en fibres, en glucides et en minéraux.

 

Epis de maïs dans un champ

 

Le grain de maïs contient aussi un composé très intéressant, l’amidon, qui est utilisé dans de nombreuses préparations alimentaires. Obtenu par broyage et centrifugation des grains, l’amidon s’offre en une fine poudre aux propriétés physiques liantes, épaississantes, gélifiantes et colorantes qui le rendent indispensable à la fabrication de sauces, potages, produits lactés, pâtisseries et crèmes glacées.

 

Le broyage des grains débouche également sur trois produits bien connus des consommateurs :

  • les corn-flakes du petit déjeuner, dont les pétales sont formées à partir de semoule de maïs cuit à la vapeur, aplati et grillé au four,
  • la semoule de maïs, qui entre dans la composition d’aliments traditionnels comme la polenta ou les tortillas,
  • la fécule de maïs (notamment connue sous la marque Maïzena), qui épaissit rapidement à la cuisson et rend les préparations onctueuses.

 

Quand le maïs s’éclate en popcorn !

Le popcorn, aussi appelé maïs soufflé ou éclaté, est produit en chauffant les grains de maïs : l’eau qu’ils contiennent se transforme en vapeur, repoussant l’amidon en périphérie jusqu’à ce que l’enveloppe se rompe subitement sous la pression. Emblème gourmand des salles de cinéma, le popcorn se déguste nature, salé, sucré, ou assaisonné. En France, 450 producteurs spécialisés se consacrent au maïs à popcorn qui est cultivé sur 9 500 hectares, en Charente-Maritime et dans le Gers. Notre pays est le leader européen sur ce marché où il exporte le popcorn sous toutes ses formes : en vrac, éclaté, micro-ondable...

 

La nouvelle histoire du maïs : une énergie renouvelable et une alternative à la pétrochimie

 

Le maïs sert aussi à produire de l’énergie verte ainsi que des matériaux bio-sourcés et des matières premières pour la chimie du végétal. L’utilisation du maïs dans ces applications réduit notre consommation d’énergies fossiles et notre dépendance à ces ressources importées, diminue les émissions de gaz à effet de serre et crée des emplois, notamment au cœur des territoires ruraux où sont situés les cultures et les sites de transformation.

La fermentation et la distillation des sucres contenus dans les grains de maïs (comme dans les grains de blé) permet de produire de l’alcool éthylique dont une partie est utilisée sous forme de bioéthanol, biocarburant d’origine renouvelable qui entre désormais dans la composition des essences en différentes proportions. Le maïs ensilage, quant à lui, permet d’obtenir du biogaz qui génère de la chaleur ou de l’électricité (procédé de méthanisation).

 

Pompe essence bioéthanol

 

 

Le sac à sapin

Mis à contribution pour la fabrication des bioplastiques (notamment en remplacement des sacs de courses d’origine pétrochimique désormais interdits), le maïs a trouvé un débouché aussi utile que sympathique avec les sacs à sapin. 500 000 sacs biodégradables sont ainsi utilisés chaque année par les Français pour emballer leur sapin et l’éliminer après les fêtes. Une innovation écologique, issue d’un procédé de haute technologie développé en région Rhône-Alpes.

 

Le maïs s’installe dans la maison

 

Côté décoration d'intérieur, l'amidon est couramment intégré aux peintures murale afin qu’elles adhèrent mieux à la surface et ne coulent pas.

Côté ménage, l’amidon de maïs est aussi utilisé dans les détergents et les lessives : anticalcaire et biodégradable, il remplace les phosphates et limite la pollution des eaux.

Côté hygiène et beauté, l’amidon apporte ses propriétés à de nombreux produits cosmétiques : crèmes, gels nettoyants, mousse à raser, dentifrice, maquillage, couches culottes...

 

Le maïs dans le secteur de la santé

L’industrie pharmaceutique utilise l’amidon de maïs et ses dérivés dans la fabrication de nombreux médicaments, et même de certains vaccins. En tant qu’excipient, il sert de support à la substance active du médicament et permet de former le comprimé. Il peut aussi enrober les pilules ou encapsuler les gélules pour une meilleure assimilation par l’organisme. Sous forme de sirop de glucose, il entre dans la composition des sirops contre la toux et il est utilisé à l’hôpital dans les poches destinées à nourrir les patients.

 

Découvrez aussi notre reportage Du maïs à l'huile de maïs

 

 

Facebook Twitter Email